Est-ce possible d’aider les autres à moins râler ? La vie serait tellement plus cool si les gens arrêtaient de se plaindre. Il y a tellement de gens négatifs ! Si c’est ce que tu penses, tu n’es pas la seule. C’est bien le problème. Quand on pense que les autres devraient moins râler, on fait 10,000% partie du problème.

On est en train de râler -en pensant qu’on est factuelle / objective- et en pointant du doigt la négativité des autres, c’est à dire en étant soi-même négative. Et le clou, c’est qu’on ne s’en rend pas compte ! On veut que les autres changent et on ne s’aperçoit pas que nous aussi on pourrait certainement râler moins.
Aïe ! Ça fait mal de retourner le miroir. C’est d’ailleurs pour cela qu’on le fait si rarement.

À notre décharge, râler est le sport national des Français. Il suffit de vivre un peu à l’étranger pour s’en apercevoir. Chaque retour est une douche froide : on a perdu l’habitude d’entendre les gens se plaindre autant. La bonne nouvelle, c’est qu’on apprend vite à faire cette petite gymnastique intellectuelle qui permet d’ajuster son filtre !

Mais quelle importance, finalement, si tout le monde râle et qu’en plus, on ne s’en aperçoit pas ?

1. Pourquoi c’est important de moins râler

Apprendre à moins râler, c’est important parce que nos pensées créent nos émotions.
Quand on râle, on se focalise sur ce qui ne va pas. Nos émotions sont à l’unisson avec nos pensées : frustration, énervement, jugement, impatience, déception, inquiétude, souci… Qui, honnêtement, veut vivre dans un bouillon émotionnel pareil ?

Sans compter ce qu’on fait (ou ne fait pas) sous l’influence de ces émotions : on rumine, on perd du temps à raconter nos déboires, on houspille nos proches, on s’échappe sur Insta, on ameute pour 3xrien, on se rend victime et empotées… On se coupe de notre créativité et au lieu de créer notre avenir, on reproduit le passé. Moins râler nous permet de nous ouvrir vers ce qui est possible plutôt que de nous recroqueviller sur ce que nous pensons certain, négatif et immuable.

2. Deux exercices pour prendre conscience de nos tendances

Un exercice pour prendre conscience de notre tendance à râler, c’est de mettre des alarmes aléatoires sur son téléphone et quand il sonne, s’interroger sur l’émotion qu’on ressent à ce moment-là et pourquoi ?
Est-on en train de juger, critiquer ou se plaindre ?
Quelles sont les circonstances, gens, faits, que nous voudrions différentes pour pouvoir nous sentir sereines ?

Est-ce utile de donner à « ces choses hors de nos contrôle » le pouvoir sur notre équilibre émotionnel ?

Un autre exercice, c’est d’observer si on entre dans le jeu de ceux qui râlent:
– Est-ce qu’on participe, voire surenchère ?
– Est-ce qu’on se plaint d’eux ? – Est-ce qu’on cherche à avoir raison ?
– Quelle dynamique se met en place dans ces situations ?
– Sont-elles répétitives ?
– Quel est leurs conséquences dans notre vie ?

3. Exercice pour apprendre à moins râler chaque jour

Pour engager le changement, je recommande de s’arrêter et s’interroger AVANT de parler :

– Est-ce que je me SENS BIEN avec la pensée qui tourne dans ma tête et que je m’apprête à dire ?
– Est-elle constructive ? utile ? agréable ? indispensable ?

Si non, alors s’enfoncer dans cette voie ne fera que renforcer l’émotion désagréable.

La solution c’est de se taire. Cela crée des émotions et nous devons apprendre à laisser passer ce désir urgent de s’exprimer et le malaise que se taire génère. C’est difficile au début, puis ça passe. (Lire cet article pour comprendre ce qui se passe dans le corps quand vous ressentez ces émotions) Moins nous « récompensons » cette compulsion, plus elle s’apaise et nous reprogrammons notre cerveau.

Finalement, tourner 7 x sa langue dans la bouche avant de parler n’est pas si bête : ça peut complètement changer notre humeur et les couleurs de notre vie.

Est-ce simple ?
Oui.
Facile ?
Pas toujours.
Nos mécanismes sont automatisés depuis longtemps.
Mais ça vaut vraiment le coup d’essayer, car ça agit sur nous DÈS les premiers efforts.
Et ça change notre vie.

D’abord on se sent mieux.

On agit davantage en alignement avec ce qui est important pour nous.
Et les autres aussi, parce que c’est plus sympa d’être avec ceux qui ne râlent pas trop.

Gagnant-gagnant.


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