« Je suis un éternel insatisfait. » « J’ai tout pour être heureuse, et pourtant je ne suis pas satisfaite. »… Si cela peut vous aider à déculpabiliser, l’insatisfaction chronique est un des problèmes les plus courants sur lequel nous, les coachs, travaillons avec nos clients !

L’insatisfaction chronique : c’est grave, docteur ?

Le sentiment d’insatisfaction est un mal qui touche de nombreuses personnes, au moins à un moment dans leur existence.

Même après avoir atteint ses objectifs, on ne ressent pas de joie particulière. Telle Emma Bovary, on ne parvient pas à apprécier le présent, on regrette parfois le passé et on appréhende le futur.

Bien sûr, passer à l’action est l’un des meilleurs moyens pour vaincre l’insatisfaction… Mais c’est plus facile à dire qu’à faire ! Sans parler de la confusion émotionnelle qu’entraîne ce type de ressenti.

Dans cet article, je vous propose 3 pistes de réflexion pour vous aider à identifier votre sentiment ainsi que la bonne manière d’y réagir en fonction de votre situation :

  • Quand le sentiment d’insatisfaction vient des critiques des autres
  • Quand le sentiment d’insatisfaction vient de soi
  • Quand le sentiment d’insatisfaction est seulement passager

Je vous invite à répondre à un certain nombre de questions pour vous, en considérant tous les aspects de la situation dans laquelle vous vous trouvez.

éternel insatisfait

1. On me reproche d’être un éternel insatisfait

On vous reproche parfois d’être un éternel insatisfait ?

Déjà, commencez par vous poser la question : Est-ce que c’est vraiment vous que cette critique concerne ?

Tout au long de ma vie, on me l’a reproché. Aujourd’hui, ça a plutôt tendance à me faire rire, car, comme toutes les critiques, elle en dit plus long sur celui qui la formule que sur moi.

Si quelqu’un nous traite d’éternel insatisfait, c’est que, quelque part, c’est lui qui serait plus satisfait si nous, nous étions plus satisfaits…

Alors, qui est l’éternel insatisfait, maintenant ?

Se détacher de l’opinion des autres

Si on vous reproche de ne jamais être satisfait et que la critique vous touche, peut-être que vous attachez trop d’importance à l’opinion des autres.

Chacun est libre de choisir la satisfaction ou l’insatisfaction à sa guise, pour soi-même.

Nous n’avons pas à sélectionner nos émotions pour faire plaisir aux autres, pas plus que nous devons agir d’une manière qui satisfera tout le monde – ce qui de toute manière est impossible, car personne ne s’entend sur ce qui est ou non satisfaisant.

Les questions à se poser pour clarifier la situation

Pour remettre l’opinion des autres à leur juste place et faire la part des choses, il convient de se poser un certain nombre de questions qui amènent à relativiser.

Je pars ici du principe que les critiques sur notre insatisfaction viennent de personnes qui nous sont chères et avec qui nous souhaitons entretenir des relations durablement bonnes, et non pas d’inconnus dont nous croisons le chemin.

  • Pourquoi leur opinion de moi me dérange ?
  • Qu’est-ce que ça change pour moi, qu’eux ne soient pas « satisfaits » ?
  • Est-ce que ce n’est pas leur droit d’avoir leur propre opinion, et mon droit de choisir la mienne ?
  • Sur quoi est basée leur opinion de moi ? Mon comportement ? Leur interprétation de mon comportement ? Est-ce que je râle, est-ce que je me plains ? Est-ce que je leur ai fait des confidences qui les laisse penser cela ?
  • Si je suis à l’aise avec mes choix et mon comportement, pourquoi est-ce un problème que les autres me jugent et me le disent ?
  • Comment pourrais-je à la fois aimer les autres et les laisser avoir leur opinion de moi ?
  • L’insatisfaction est-elle vraiment l’émotion que je ressens ? N’est-ce pas plutôt de l’exigence, de l’attention aux détails, du perfectionnisme ou simplement une saine envie de progresser ?
  • Leur critique sur mon éternelle insatisfaction est-elle fondée ? Au fond, suis-je d’accord avec eux ?

Si vous pensez que les reproches des autres ont un fond de vérité, il est normal que la critique pique un peu… Et c’est probablement un bon signal pour avancer !

2. Je suis toujours insatisfait de ce que j’ai

Déjà, dites-vous bien qu’il est normal de se poser des questions sur son sentiment d’insatisfaction :

Il est logique de se demander pourquoi on ne se sent pas heureux ou satisfait quand on a l’impression d’« avoir tout » ce que nos parents, la société ou nos rêves nous ont incité à vouloir.

Il est « normal » de se juger soi-même pour son insatisfaction chronique ou son ingratitude latente.

Cette attitude est normale, mais elle n’est pas utile.

Faire face à la situation pour progresser

Reconnaître son insatisfaction, se dire la vérité à soi-même sur ce qu’on ressent est un point de départ. Une crise existentielle doit permettre de progresser.

Mais si on se juge au lieu de s’intéresser à soi, on referme le couvercle sur la boite de Pandore qu’est notre cerveau et on ne peut pas avancer.

Il faut savoir l’ouvrir avec curiosité et bienveillance : « Waoh… J’ai tout ce que je voulais et je ne suis pas heureuse. »

Cependant, ce constat n’est pas synonyme d’éternelle insatisfaction : cela signifie que vous n’êtes pas heureux ou heureuse là, maintenant.

Et si vous avez déjà « tout », cela vous permet d’y voir plus clair et de comprendre que ce n’est pas ce « tout » qui apporte le sentiment de satisfaction.

Identifier l’origine de l’insatisfaction

Si vous jugez être un éternel insatisfait, c’est très probablement que vous attendez d’être satisfait par des personnes ou des circonstances extérieures :

C’est faire fausse route !

Donner les clés de sa satisfaction à des éléments hors de son contrôle, c’est se démunir de tout pouvoir sur son équilibre émotionnel, sa satisfaction et plus généralement son bonheur.

Car ce ne sont pas les circonstances extérieures (sur lesquelles notre pouvoir est limité) qui créent nos émotions (satisfaction/insatisfaction, joie/peine, gratitude/frustration, etc.)

Ce qui créer les émotions, c’est ce que nous pensons des circonstances.

Et en effet, dans les mêmes circonstances que soi (même travail, même salaire, même situation familiale, etc.), chacun pourra penser différemment :

Ressentir le sentiment d’avoir tout et se sentir sur un petit nuage, libre et propulsé vers l’appréciation intense de sa vie telle qu’elle est ou bien vers des entreprises nouvelles.

Ressentir le sentiment d’avoir tout et se sentir insatisfait, démotivé, et se juger, s’accabler et ne pas apprécier ce qui est déjà, ni créer rien de nouveau (puisque « tout » est déjà atteint).

Un bon exercice pour un « éternel insatisfait »

Un bon exercice serait de revenir aux faits, aux choses concrètes qui nous entourent et que nous avons (ou non) accomplies.

Et il faut vraiment LE FAIRE : il n’y a pas de bénéfices si cet exercice reste théorique.

Sur une feuille, tracez deux colonnes : écrivez d’un côté tous les éléments dont vous êtes satisfait, et de l’autre tout ce qui vous procure de l’insatisfaction. Observez enfin le résultat avec curiosité.

Cet exercice vous apportera 3 bénéfices :

1) Remettre de l’équilibre : Vous observez certainement des choses dans la colonne satisfaction.

2) Identifier concrètement les choses que vous pouvez et souhaitez changer.

3) Vous demander si le sentiment d’insatisfaction est vraiment problématique pour les points restants.

3. Je ne suis pas obligé de réagir à chaque sentiment d’insatisfaction

Peut-être parfois confondez-vous une émotion (l’insatisfaction) avec votre réaction à cette émotion passagère, comme râler, se plaindre, vouloir que les choses soient différentes, se décourager, etc.

Pourtant, sachez il n’y a pas plus d’éternelles insatisfaites que d’éternelles satisfaites ! Même le Dalaï-Lama dit qu’il ressent parfois de la colère…

Il n’est écrit nulle part qu’on devrait être satisfaite tout le temps.

Si j’ai une pensée qui crée l’émotion d’insatisfaction, je peux simplement rester avec cette émotion – qui n’est qu’un changement physiologique, une vibration dans mon corps, un ressenti physique.

Si mon patron confie le projet parfait à ma collègue, je peux être ressentir de l’insatifaction sur le moment, même si mon travail est par ailleurs très satisfaisant.

Ai-je besoin d’être éternellement satisfait ?

Il est possible d’accepter de ressentir cette émotion, de la laisser nous traverser et sortir de notre corps. Les émotions sont toujours passagères, mais lorsqu’on n’accepte pas de les ressentir pleinement, elles restent emprisonnées et s’éternisent en nous.

Ressentir l’émotion et y réagir sont deux choses différentes : on peut ressentir de l’insatisfaction, de la contrariété ou de la frustration dans son corps sans y réagir (sans se plaindre, sans râler ET sans se juger parce qu’on ressent cette émotion).

Nous sommes humains. C’est OK d’être parfois insatisfait.

Être ou ne pas être un éternel insatisfait : telle n’est pas la question !

La vraie question n’est pas de sentir ou de ne pas se sentir insatisfait… La vraie question, c’est qu’est-ce que vous faites quand vous n’êtes pas satisfait !

  • En faites-vous un problème ?
  • Savez-vous bien déterminer l’origine de vos insatisfactions ? Celles sur lesquelles vous pouvez agir ?
  • Consacrez-vous votre énergie à résoudre la situation ?
  • Est-ce OK d’être insatisfait sur certains points ?
  • Savez-vous bien identifier l’insatisfaction, en prendre la responsabilité et arrêter de nourrir l’émotion jusqu’à ce qu’elle se résorbe ?

Si vous avez « tout pour être heureux » sans jamais parvenir à ressentir pleinement ce bonheur, ce n’est pas irrémédiable (et heureusement !).

Certains coachs de vie sont spécialisés dans ce type de problématique : c’est mon cas. Je vous invite à me contacter si vous souhaitez recalibrer vos émotions pour une vie plus intense et… satisfaisante 😉


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