Écrire ses pensées est un exercice aussi libérateur qu’il peut nous être utile pour nous sentir mieux au quotidien. La méthode du flot de pensées nous aide à y voir plus clair, à mieux se comprendre et analyser les pensées qui nous traversent. Aujourd’hui, je vous explique comment et pourquoi se lancer dans l’écriture régulière de ses pensées.

Pourquoi écrire ses pensées ?

Ce qui se déroule dans notre tête est un film, un monologue incessant. Parfois, c’est un dialogue interne. Tout y est constamment en mouvement.

 « Pourquoi elle m’a répondu comme ça ? Ce serait pas mal d’aller aux Maldives… T’es folle, c’est trop cher. Pourquoi pas sur la lune ? … Ben oui, pourquoi pas ? Reviens sur Terre, on a des factures à payer ! Mais pourquoi tout est si cher ? Je n’ai plus rien sur mon compte. Je ne m’en sortirai jamais. Je suis nulle… »

Et cetera. Et cetera.

Une toute petite histoire… Banale, quotidienne et incessante, pour la plupart de nous.

Elle nous semble vraie et nous fait vivre un constant tourbillon émotionnel.

Dans cet exemple, sans doute : Incompréhension. Désir. Dénigrement. Moquerie. Contrainte. Exclusion. Manque. Désespoir. Incapacité.

Prendre le temps de s’arrêter pour écrire, c’est faire un arrêt sur image.

Sur chaque image.

Et c’est magique !

Écrire son flot de pensées

Écrire ses pensées pour se libérer l’esprit

Écrire permet déjà de libérer de la place dans son cerveau, d’évacuer ses pensées parasites.

Poser sur le papier ou sur l’écran les mots qui tournent et retournent à l’intérieur de soi, c’est se libérer d’un poids : quand le seau est plein, on le vide.

On pose tout à plat : écrire permet de se vider la tête d’un brouhaha mental. C’est un acte qui soulage et c’est un début pour voir plus clair en soi.

Écrire ses pensées pour les observer

Les idées qui se succèdent et s’emmêlent dans notre esprit ne nous permettent pas de les décortiquer. Parfois, elles disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues. Parfois, elles semblent s’enchaîner logiquement alors qu’en réalité notre cerveau saute des étapes.

Les poser sur le papier nous permet de les capturer pour les constater, les observer une par une : ce n’est plus un brouillard de concepts entremêlés, c’est quelque chose de concret, que l’on pourra plus tard analyser.

Écrire ses pensées, sur tous les sujets, cela nous permet de prendre de la distance pour les regarder en face.

Et le plus fascinant, c’est que le simple fait d’observer ses pensées entraine déjà des changements : c’est pour ça que c’est magique !

Comprendre ses pensées en les écrivant

Comprendre ses pensées, comprendre ce que l’on pense, est une pratique vaste et complexe.

Est-il possible de tout comprendre de soi simplement en écrivant ses pensées ?

Non, il n’y a bien sûr pas de recette miracle.

En revanche, il faut bien commencer par identifier ses pensées pour les comprendre, et c’est ce que permet l’écriture.

En prenant l’habitude d’écrire au quotidien, on peut petit à petit prendre conscience de nos schémas de pensée, des thèmes importants qui nous traversent. On peut ainsi saisir la perspective, le point de vue avec lequel nous abordons certains sujets.

On peut aussi s’interroger sur les « vérités » que notre cerveau proclame :

  • Est-ce vrai que « tout » est cher ?
  • Je n’ai « plus rien » sur mon compte… Ça veut dire combien ? Zéro ? Plus ? Moins ?

Mettre en évidence ces schémas est quelque chose de capital si nous voulons prendre un jour les actions qui nous permettront de changer ce qui ne nous convient pas.

Comment faire un flot de pensées ?

Le flot de pensées est la méthode la plus efficace pour saisir au vol et écrire les pensées que nous formulons consciemment et parfois inconsciemment.

1. Choisir son matériel d’écriture

Un joli carnet pour écrire ses pensées est la solution choisie par beaucoup d’entre nous. Mais il n’y a bien sûr rien d’obligatoire : une simple feuille de papier peut suffire.

Si vous êtes à l’aise et que vous préférez, vous pouvez aussi opter pour un document sur ordinateur ou sur tablette.

En ce qui me concerne, j’ai tendance à préférer le carnet, avec un crayon agréable à manier : cela donne une dimension plus concrète aux pensées, et cela nous permet de naviguer facilement dans les prises de notes précédentes. Il est aussi prouvé qu’il y a un lien plus direct entre notre cerveau et l’écriture manuelle.

écrire ses pensées : méthode pour se sentir mieux

2. Prendre 5 minutes par jour pour écrire ses pensées

Limiter l’exercice à une courte durée aide à installer l’habitude dans sa vie : « écrire ses pensées, ça ne prend que 5 minutes » !

Pour l’ancrer dans sa routine, je conseille de choisir toujours le même moment dans sa journée : immédiatement au lever, après le petit-déjeuner, pendant sa pause midi, le soir avant de se coucher, etc.

3. Écrire tout ce qui nous passe par la tête dans un flot de pensées

Écrire un flot de pensées, c’est écrire tout ce qui nous passe par la tête, sans l’embellir, sans en faire une prose élaborée et parfois même sans rédiger de phrases entières.

On écrit tout ce qui nous vient, au fil de ce qui nous traverse, de manière aussi brute que la manière dont c’est formulé dans notre esprit.

  • On ne se censure pas.
  • On ne se juge pas.
  • On ne revient pas en arrière.
  • On se laisse le droit d’écrire des choses sans queue ni tête.
  • On se laisse le droit d’écrire ce que l’on ne dirait jamais.
  • On se laisse aller, même si ça ne va nulle part.

Et quand les 5 minutes sont écoulées (on peut mettre une alarme), on arrête.

On peut se contenter de fermer la page.

On peut aussi prendre au hasard une des phrases et s’interroger :

Pourquoi a-t-on écrit cela ?

Est-ce que c’est 100% vrai ?

Que ressent-on en relisant cette phrase ?

On peut aussi composer un Modèle de Brooke, comme j’en parle plus bas.

4. Prendre l’habitude d’écrire tous les jours avec bienveillance

Prendre l’habitude d’écrire ses pensées, c’est se donner les moyens de mieux se connaître et d’apporter le changement que l’on souhaiterait voir dans sa vie.

Écrire régulièrement son flot de pensées est un acte bienveillant vis-à-vis de soi.

Ainsi, il ne s’agit pas non plus de se culpabiliser si, certains jours, on ne le fait pas : il ne s’agit pas de documenter sa vie, ni d’ajouter de la rigueur dans son quotidien.

Quand on n’a pas écrit hier, on repart aujourd’hui avec les pensées d’aujourd’hui.

Quand on rate trop souvent le rendez-vous, on cherche une meilleure façon d’aménager son moment ou son lieu d’écriture.

Et quand ça ne marche pas, on se questionne sur ce qui nous amène à négliger une activité qu’on souhaite faire 🙂

Dans la durée et la régularité, nos schémas de pensées nous apparaissent.

Vous pouvez par exemple écrire vos pensées toute la semaine et les relire le dimanche. Avec ce recul, vous pouvez souligner ce qui vous semble important et ajouter des annotations :

  • Ce qui est récurrent
  • Ce qui est surprenant
  • Les mots clés de vos pensées
  • Les sujets qui vous travaillent le plus
  • Les émotions qui ressortent souvent
  • Etc.

Observez notamment si vous parlez plus de vous ou des autres, et de quelle manière vous parlez de vous.

Qualifiez aussi précisément que possible les émotions qui reviennent : colère, découragement, joie, tristesse, insatisfaction, gratitude, etc.

En écrivant vos pensées régulièrement et honnêtement, il y a de très grandes chances que ce qui mérite d’être exploré ressorte nettement de vos pages.

Quels bénéfices à l’écriture des pensées ?

À long terme, écrire ses pensées ne peut apporter que du bon.

Différencier les faits de notre interprétation

Écrire ses pensées et les analyser nous permet de faire le tri entre ce qui est 100% vrai (prouvable) et ce qui est de l’ordre de nos pensées.

Cela nous permet de différencier ce qui est en notre pouvoir (nos pensées, que nous avons la possibilité de modifier) et les faits, notamment ceux sur quoi nous ne pouvons rien : les évènements dans la société ou l’économie, les actions des autres, les évènements passés, etc.

Cela nous permet d’être au clair entre le factuel et ce qui relève de l’interprétation.

C’est simple, mais ça exige de faire le travail rigoureusement, sachant que le cerveau préfère souvent la rapidité à la vérité.

Face à une situation, identifier ce qui est factuel nous montre exactement l’endroit où nous avons du pouvoir.

Mais pour cela nous devons partir sur une base stable : des faits 100% vérifiables.

C’est là que notre cerveau nous joue des tours grâce à des biais connus. Par exemple, les heuristiques, qui sont des raccourcis de pensée, ou le biais de confirmation, quand notre cerveau cherche des preuves de ce que l’on croit déjà.

Ces biais sont normaux et souvent utiles, mais ils déforment parfois les faits sur lesquels repose notre jugement.

Par exemple : « Si je quitte mon job, je vais perdre tout ce que j’ai construit. »

Mais « tout », c’est quoi ?

Quel montant exact ? Quels avantages contractuels précis et quantifiés ? Quels autres éléments factuels (un titre, CETTE équipe à diriger, etc.)

Ce que j’ai « construit » c’est quoi ? est-ce que je perds mes compétences, mes intérêts, mon expérience, etc. ?

Et il ne faut pas oublier le revers de la médaille : Quelles obligations contractuelles je perds ? Quels trajets je ne ferai plus ? Quelles heures de mon temps je récupère ?

Ce n’est qu’une fois les faits établis que nous avons accès à une nouvelle vision d’une situation.

Elle émerge parfois d’elle-même durant le processus et nous ouvre à de nouvelles options.

Comprendre nos émotions

Écrire ses émotions, c’est aussi le meilleur moyen de les comprendre. On peut ainsi mettre en lumière les pensées qui les déclenchent.

En étudiant le Modèle de Brooke, on comprend que nos pensées sont toujours responsables de nos émotions.

On apprend ainsi à séparer nos pensées et nos émotions (subjectives, personnelles, optionnelles) des circonstances (objectives, factuelles, parfois optionnelles, parfois non).

On distingue ce qui crée en nous des émotions utiles et ce qui nous paralyse.

Chercher des alternatives pour se sentir mieux

Écrire nos pensées quotidiennement, c’est prendre le temps de répondre à nos questions.

C’est se demander pourquoi on choisit ces questions-là et s’en poser d’autres, inédites

C’est chercher des alternatives pour se sentir mieux et être plus intentionnel.

Parce que tout notre pouvoir réside dans notre cerveau !

La prise de conscience de ce qui se passe à l’intérieur de nous nous permet de changer l’extérieur et créer la vie dont nous rêvons.

Passer à l’action

Parfois, on découvre que passer à l’action peut être simplissime.

Il m’est arrivé d’écrire dans mon flot de pensées que je devais prendre un rendez-vous médical spécifique. Ce qui m’a entraînée à penser que je devrais prendre rendez-vous chez le dentiste, mais aussi chez l’ophtalmo, puis que je devais aller chez le coiffeur, etc.

Toutes ces démarches, je les repoussais depuis longtemps par flemme.

Mais en en prenant conscience dans mon flot de pensées, je me suis aperçue qu’à cette période, je ne m’accordais pas suffisamment de valeur pour prendre soin de moi.

Et pourquoi ?

… C’est vrai, pourquoi ?

C’est ainsi que j’ai pris les actions nécessaires dans ma journée, et ça m’a procuré beaucoup de satisfaction et de légèreté, en libérant mon esprit de ce qui l’encombrait.

C’est aussi efficace pour des situations légères que des problèmes plus complexes.

Nous laissons trop souvent notre esprit s’empêtrer dans des pensées qui nous empoisonnent, alors qu’il suffit de les traiter. Mais sans démêler ses pensées, cette prise de conscience n’est pas aussi évidente qu’elle en a l’air !

Changer nos pensées

Finalement, identifier nos pensées peut servir de point de départ à une meilleure compréhension de soi et à un travail en profondeur sur notre état d’esprit. Plus de clarté nous permet d’agir de manière plus intentionnelle dans notre vie.

On peut effectuer ce travail seul, ou bien, s’il semble nous dépasser, on peut opter pour l’accompagnement d’un professionnel, comme un thérapeute ou un coach.

N’hésitez d’ailleurs pas à me contacter si vous souhaitez vous lancer dans cette voie, j’ai à ma disposition de nombreux outil pour vous y aider.

écrire ses pensées

Écrire ses pensées pour se sentir mieux : résumé en 5 étapes

Si l’on résume la méthode du flot de pensées et de son analyse :

  1. Écrire ses pensées 5 minutes par jour.
  2. Se relire, immédiatement ou plus tard, et choisir une phrase ou un concept récurrent.
  3. Trier les faits, les pensées, les émotions, les actions et faire un ou des Modèles de Brooke.
  4. S’interroger sur ces pensées et ces émotions et le sens qu’on leur donne.
  5. Modifier les pensées pour agir et changer en accord avec ce que l’on souhaite.

Écrire ses pensées, c’est aussi écrire pour se sentir mieux, durablement !


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