5 étapes pour développer et conserver une bonne relation à l’argent

Pour moi, développer une bonne relation à l’argent a été comme démêler une pelote enchevêtrée.

Notre rapport à l’argent vient de loin et il est profondément ancré en nous. Nous vivons dans une société qui nous baigne quotidien d’injonctions liées à l’argent, la consommation et la sécurité financière.

Alors, quand il est source d’angoisses, comment changer son rapport à l’argent ?

Je vous donne quelques clés de compréhension ainsi que 5 étapes pour bâtir durablement une relation saine à l’argent.

Pourquoi avoir une bonne relation à l’argent est si complexe ?

L’argent est un sujet qui me fascine.

Comme je le disais en intro de cet article, j’ai découvert que construire une bonne relation à l’argent était comme tenter de démêler une pelote enchevêtrée.

Toutes nos pensées sont comme des fils colorés de toutes sortes.

Certains sont longs et accumulés depuis toujours.

D’autres sont tout petits et viennent pourtant tout compliquer.

Certains sont dedans et ne servent (plus) à rien.

Au milieu, le fil solide qui correspond à mes valeurs. Celui avec lequel je veux tricoter mes désirs. Celui qui a la couleur de mon intégrité et de mon élan de vie.

Bonne relation à l'argent

J’ai commencé ce démêlage depuis des années. C’est un travail libérateur ! Et la liberté, c’est ce qui compte pour moi. Aucune somme d’argent n’achète la liberté. C’est une autre forme de richesse qui ouvre ses portes !

Le blocage que j’observe le plus souvent, c’est le manque de remise en question de cette pelote. L’acceptation tacite que la pelote est comme elle est, et « c’est comme ça ».

Chacun sa pelote, à trimballer avec soi, tous les jours. On s’en plaint, mais sans vraiment rien changer.

Chacun à essayer de tricoter quelque chose qui lui plaise en tirant sur tous les fils (et souvent sur la corde).

  • Il faut de l’argent pour…
  • Je dois avoir mon salaire pour…
  • Les « choses » ont un coût…
  • Je n’ai pas le choix…
  • Quand je serai riche, je… Quand j’aurai tant, je… (« tant » étant le montant qu’on n’atteint jamais, parce qu’en travaillant à atteindre « tant », on a créé de nouveaux besoins et désirs…)

Que faut-il qu’il se passe dans une vie pour s’arrêter de tricoter dans le vide ? Et pour qu’on prenne le temps de se poser les bonnes questions :

  • Quels sont les éléments factuels ?
  • Quelles sont les histoires que je me raconte ?
  • Pourquoi je fais ce que je fais aujourd’hui ?
  • Est-ce que c’est comme ça que je veux continuer ?

Y répondre vraiment, ça peut TOUT changer (y compris le solde sur ses comptes.)

Existe-t-il une relation entre l’argent et le bonheur ?

L’éternelle question ! Et l’éternel paradoxe…

Ce que dit la science

En psychologie, la relation à l’argent a fait l’objet de nombreuses études rigoureuses. Et toutes montrent que le bonheur et l’argent ou la richesse ne sont pas corrélés à partir du moment où nos besoins essentiels sont couverts – ceux qui constituent la base de la pyramide de Maslow : logement, nourriture, confort minimum, etc.

Bien sûr, en dessous de ce seuil qui est celui de la pauvreté, oui : Plus d’argent signifie plus de félicité.

Mais au-delà, chaque euro supplémentaire apporte proportionnellement moins de satisfaction que le précédant.

Et parfois, produire cet euro supplémentaire nous coûte davantage que ce qu’il nous apporte en qualité d’expérience, en temps, en efforts, et quelque fois même en euros…

Ce que nous dit notre cerveau

Pourtant, il est extrêmement compliqué de se détacher de l’idée que notre vie serait mieux si on avait davantage d’argent.

On est assez lucide pour ne pas croire que l’argent achète le bonheur. Mais on pense quand même que notre vie serait « mieux » :

  • On aurait plus de temps
  • On irait dans des meilleurs restaurants, hôtels, destinations touristiques
  • On achèterait directement le pull qui nous plaît au lieu de chercher moins cher
  • Etc.

On ne peut pas tous faire exception à une vérité scientifique… Mais nos pensées personnelles restent pourtant bien ancrées sur ces impressions.

Pour beaucoup, il s’agit d’une pensée par défaut. C’est ainsi qu’on a été élevé.

On observe ce que les autres vivent autour de nous – ou en tout cas ce que l’on pense que les autres vivent, ces autres qui ont plus et ces autres qui ont moins que nous. Et on se sert de ces observations souvent biaisées comme preuves pour continuer à penser que l’argent fait le bonheur.

D’ailleurs, c’est aussi ce que la société de consommation et la politique nous martèlent à longueur de journée :

  • Il faut consommer, si possible consommer français, pour maximiser le bonheur de tous.
  • Il faut acheter le dernier modèle qui est bien mieux que le précédant – qui de toutes façons ne sera bientôt plus fonctionnel.
  • Vous valez bien ce que vous vous achetez. Vous l’avez bien mérité.
  • Etc.

Et c’est ainsi que nos pensées sur l’argent et la consommation s’ancrent et se sclérosent.

Qu'est-ce qu'une bonne relation avec l'argent ?

Au milieu de toutes ces injections, il est compliqué de développer et de conserver une bonne relation à l’argent. Dans un monde qui nous pousse à vouloir toujours plus, comment faire pour gagner en sérénité financière ?

Une mauvaise relation à l’argent

Avant de parler de « bonne relation à l’argent », voyons déjà ce que c’est qu’une mauvaise : un rapport à l’argent qui nous laissera toujours insatisfait.

Ici, l’argent est une finalité, un but à atteindre. Il permettra, quand on en aura suffisamment, d’obtenir ce que l’on pense qu’on voudra à ce moment-là.

Ainsi, on amasse, on amasse, on amasse… Et un jour seulement, peut-être, dans le futur, on le dépensera. Cela vient souvent de notre peur du manque, d’un besoin de sécurité. On voit notre compte comme une mare qu’il faut remplir maintenant, car elle se videra inexorablement plus tard.

Au niveau émotionnel, cela entraîne un effet de yoyo lié aux circonstances : quand l’argent rentre, ça va bien ; quand l’argent sort, ça va mal. Et ces montagnes russes sont le résultat de choses sur lesquelles nous n’avons pas toujours de contrôle.

Une bonne relation à l’argent

Dans une bonne relation à l’argent, on le prend pour ce qu’il est : un moyen d’échange quasi-universellement accepté.

L’argent n’est qu’une construction sociale qui nous permet d’interagir, d’échanger des services et de faire circuler la valeur dans nos vies et celle des autres. En soi, l’argent est neutre. Il n’est ni positif ni négatif ; ni bien, ni mal. Ce n’est qu’un chiffre auquel les conventions sociales et non croyances donnent un certain sens.

L’argent est une énergie, un mouvement, un flot qui circule, qui va et qui vient, qui entre et qui sort de notre compte. On peut en avoir beaucoup à un moment et en manquer à d’autres. C’est un processus dans le temps dont on peut avoir confiance en la continuité, comme l’écoulement d’une rivière.

Une bonne relation à l’argent permet une vie émotionnelle indépendante de sa situation financière.

Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faut essayer de se leurrer ou faire semblant d’être toujours positif en toutes circonstances.

Il faut davantage apprendre à créer une distance afin de choisir librement son positionnement, ses émotions et ses actions. Cela nous permet d’éviter d’agir par défaut (ré-agir) en se débattant contre les aléas des circonstances.

On apprend à séparer les faits des pensées.

Comment changer son rapport à l’argent ? 5 étapes

Lorsqu’elle nous pèse de plus en plus au quotidien, améliorer sa relation à l’argent peut apporter beaucoup de sérénité.

Je vous propose d’aborder et de traiter la situation en 5 étapes :

1. Regarder le problème en face

Au début de cet article, je parlais de pelote emmêlée pour évoquer mon rapport à l’argent.

Pour commencer, il faut donc accepter que cette pelote existe, qu’elle constitue un problème et qu’un bon démêlage est nécessaire… Il faut accepter de se remettre en question et d’entreprendre des changements.

2. Séparer les faits des pensées sur l’argent

Rien ne vaut un bon exemple pour la mise en pratique !

FAIT – J’ai 200 € sur mon compte courant.

PENSÉE – Il ne me reste rien pour finir le mois.

Ou encore :

FAIT – La réparation de la voiture coûte 500 €

PENSÉE – C’est les yeux de la tête !

Dans ce type de situation, commencez par établir les faits exacts, avec une vision d’ensemble : listez PRECISÉMENT vos avoirs, vos ressources, vos dettes, etc. L’objectif est d’établir un polaroïd exact de la situation.

Ensuite, questionnez vos pensées :

  • Est-ce que c’est vrai que je n’ai rien pour finir le mois ?
  • Rien dans le frigo ni les placards, aucun versement à venir ?
  • Est-ce que j’ai besoin de davantage pour finir le mois ? Pourquoi ? Pourquoi avant la fin du mois ?
  • Qu’est-ce que la réparation de la voiture m’apportera ?
  • Puis-je m’en passer ? Puis-je attendre ?
  • Qu’est-ce qui me motive à réparer la voiture ?
  • Est-ce que mes yeux valent vraiment 500 € ?
  • Etc.

3. Tirer des conclusions

L’observation des pensées et de nos comportements nous permet de gagner en lucidité sur notre situation. Il est possible de constater ainsi que des choix s’offrent à nous et qu’il n’y a pas de fatalité.

Gagner en sérénité financière passe par l’apprentissage de l’abandon de certains jugements ou pensées qui ne nous aident pas (qu’ils nous appartiennent ou qu’ils appartiennent à d’autres). Ces pensées se reconnaissent en général à ce qu’elles entraînent des émotions déplaisantes, qui poussent à des actions avec un impact négatif sur le moyen ou le long terme.

Bien sûr, se débarrasser des pensées encombrantes ne se fera pas en claquant des doigts : c’est le fruit d’un processus long, qui demande de l’implication.

4. Faires des changements progressifs

Les changements sont à envisager petit à petit, et à moduler en fonction de nos découvertes.

Viser un changement radical – comme « à compter de maintenant je n’achèterais plus jamais ceci » ou « désormais j’épargnerai X € par mois » – est souvent une mauvaise solution qui entraînera de la culpabilité au premier échec.

5. Maintenir le processus

Ne jamais s’arrêter de remettre en question ses pensées, ses choix, ses actions par rapport à l’argent.

L’argent est partout, il y a toujours quelque chose sur quoi affiner son positionnement et à quoi on n’avait pas pensé auparavant. C’est un processus d’évolution de fond, lent et progressif, qui portera ses fruits à court, moyen et long terme.

Que gagne-t-on à trouver la sérénité financière ?

Développer et entretenir une bonne relation à l’argent est source de nombreux bénéfices dans notre vie. J’en vois au moins 3, qui se suivent et se nourrissent entre eux :

  • Reprendre le contrôle sur ce qui est de notre ressort. En établissant des faits précis et en les démêlant de nos pensées, on quitte le brouillard et on gagne en liberté, parce que plus d’options possibles nous apparaissent.
  • Réguler nos émotions. Même si tout n’est pas rose, les émotions que nous ressentons sont plus modérées, moins en dent de scie. Idéal pour combattre l’anxiété et trouver de la sérénité.
  • Prendre des actions réfléchies. Une fois les émotions calmées, on évite les comportements de fuite, de compensation ou de réaction. Cela nous permet de prendre des actions plus réfléchies, en alignement avec nos valeurs et nos objectifs à long terme.

Au final, on enclenche un cercle vertueux de résultats tangibles et satisfaisants.

Alors à vous de jouer ! Entre 0 (malade grave) et 10 (pleine forme), quelle note donnez-vous à votre relation avec votre portefeuille ? Pourquoi ?

Si vous en ressentez le besoin, c’est le travail du coach de vie de vous aider à mettre en œuvre les changements nécessaires dans votre quotidien. Si vous cherchez à changer votre relation à l’argent, n’hésitez pas à me contacter !

Catégories : Argent

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